L’aura du blanc », Béatrice Libert, éditions Le Taillis Pré, par Jean Chatard

Même en rédigeant des poèmes désespérés, Béatrice Libert demeure élégante et inventive. « L’aura du blanc », son récent livre publié par Le Taillis Pré, le démontre une fois de plus.

Avec une préface de Pierre Somville et des encres d’une belle légèreté signées Motoko Tachikawa, cet ouvrage est sans doute l’un des meilleurs de Béatrice Libert qui, de ce pas hardi et imagé qui est le sien, nous invite dans ses plus intimes et plus légitimes préoccupations.

« De mot à mort Il n’y a qu’un peu D’air du temps »

Avec le même rythme et pratiquement le même thème, Béatrice Libert a conçu un ensemble d’une cohésion parfaite, à la fois d’une grande rigueur et d’une non moins grande diversité de mots. Omniprésente, la mort occupe une place maîtresse dans cet édifice qui nous sacralise avant de nous abandonner dans le froid et la douleur.

« Quel sillon suivras-tu Pour aller de toi-même À toi-même ? »

C’est la grande question que chacun de nous se pose devant le destin inéluctable, ce destin inventant des pièges. Ceux de la vie même.

Il y a dans ce livre une réflexion qui nous enseigne en même temps qu’elle nous interpelle.

Jean Chatard