Georges CATHALO, Bestioleries poétiques, Les Carnets du Dessert de Lune, 2015, 76p., 12€.

Le monde de la poésie, de ses éditeurs, de ses auteurs, de ses lecteurs, passé au crible aigu, critique, satirique d’un poète qui éclaire comme pas un l’univers poétique, rempli d’egos, de prétentions de toutes sortes. À coup de maximes, d’axiomes et de définitions, sans oublier des aphorismes féroces, Cathalo s’en donne à cœur joie pour désosser la poésie de ses plus laids attributs, et dénoncer ce que certains ne voient plus à force de la pratiquer à tout va. C’est à une véritable exploration à laquelle le lecteur a droit : l’auteur croit savoir ce qu’est pour lui la vraie poésie, celle débarrassée des scories, des narcissiques ambitions. « On ne possède pas la poésie, c’est elle qui nous possède » « La poésie n’est sûrement pas ce que vous croyez qu’elle est » « Nul n’est poète en son pays » « Entre la poésie et la poésie, il faut parfois choisir la poésie » « Les poèmes s’en vont, les a igris restent » Ce livre, plein de sagesse et d’intelligence critique, ne fera sans doute pas plaisir à tout le monde, tant il est vrai que bien des poètes correspondent à ces définitions, concoctées par quelqu’un qui, jamais, n’est imbu de son savoir mais apprend à coups de visions lucides. Claudine Goux illustre avec sagacité le livre de Cathalo.

Philippe Leuckx